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 Ce fut 96h ponctuées de rencontres avec les plus hautes autorités saoudiennes, des hommes d’affaires et à la clé des discussions fort enrichissantes à même de contribuer à impulser le développement socio-économique du Burkina Faso.

Annoncé dans l’intervalle 20h-21h, c’est finalement aux environs de 22h40 que l’avion transportant le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, et sa délégation s’est posé sur le tarmac de l’aéroport international de Ouagadougou. S’en est suivie la mise en place du dispositif d’accueil composé essentiellement d’autorités militaires et des éléments de la garde rouge, prêts pour le cérémonial.

Quelques instants plus tard, l’oiseau de fer s’ouvre puis libère ses passagers, le numéro un des Burkinabè est alors accueilli à sa descente par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. Après avoir échangé les amabilités d’usage avec les personnalités réunies pour la circonstance, le président du Faso et son Premier ministre se retranchent dans le salon d’honneur. Les responsables chargés du protocole mettent rapidement en place un parloir bien encerclé de sorte à maintenir les journalistes à une distance raisonnable.

S’assurant que tout est fin prêt (dépôt de micro, dictaphones, caméras bien positionnés), l’un d’entre eux lance un signal et aussitôt le chef de l’Etat fait face aux hommes de média, soif d’en savoir davantage sur le bilan de la mission présidentielle. « Très satisfaisant », c’est le qualificatif utilisé par Roch Marc Christian Kaboré pour une visite historique dans la mesure où c’est la première fois qu’un chef d’Etat burkinabè effectue une visite officielle en Arabie Saoudite. « Cette visite a été l’occasion pour nous de signer une convention sur la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes. Auparavant, le ministre des Affaires étrangè- res avait déjà effectué une mission où nous avions signé un accord de coopération géné- rale qui concerne l’ensemble des secteurs d’activités, aussi bien social, économique, etc. », relève le président après avoir salué l’action du royaume pour la paix dans la zone arabophone.

Le Pays des hommes intègres, selon le chef de l’Etat, avait, par cette occasion, manifesté son adhésion à la Coalition pour la lutte contre le terrorisme proposée par Riyad. Au titre des rencontres d’échanges, celle avec le ministre des Finances et le Fonds saoudien aurait été la plus fructueuse. En effet, ce cadre a été mis à profit pour échanger des projets en souffrance.

« Le premier projet concerne la route OuahigouyaTitao-Djibo d’un coût de bitumage de 45 milliards de F CFA dont 12 milliards ont été obtenus au Fonds koweitien. Le Fonds saoudien et le ministre des Finances ont pris l’engagement d’assurer le complément pour que nous puissions réaliser cette route le plus rapidement possible », indique le chef de l’Etat. Et de poursuivre en signifiant que le deuxième volet a trait au barrage de Samandéni.

Le problème qui s’est posé à ce niveau est qu’il faut d’abord dédommager les occupants du site avant de pouvoir continuer les travaux. Riyad, qui participait déjà au financement de la première phase, a maintenu son engagement et contribuera ainsi au second. Un autre aspect non moins important qui a fait l’objet de discussion avec les autorités saoudiennes est le problème d’eau qui se pose avec acuité au Burkina Faso. Le Fonds saoudien, à écouter Roch Marc Christian Kaboré, a marqué son accord pour que soit déposé très rapidement des projets d’adduction d’eau ou de forages dans l’optique d’aider le pays à résoudre cette question cruciale.

Par ailleurs, les questions sécuritaires dans la sousrégion ouest-africaine puis au Burkina Faso n’ont pas été occultées. Foi du président, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré, et le directeur général de l’Agence nationale de renseignement (ANR) doivent repartir à Riyad le 23 mai. Ils y seront dans l’objectif de « rencontrer leurs homologues saoudiens et de faire le point de nos besoins en matière de sécurité de manière à ce que le royaume puisse nous appuyer sur cette question ». Roch Marc Christian Kaboré retient, en somme, que Sa Majesté le Roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud a manifesté l’intérêt que l’Arabie Saoudite a à approfondir ses relations avec le Burkina Faso puis a instruit ses ministres afin que « nous puissions avoir des résultats positifs sur tous les sujets évoqués ». Il se dit très satisfait de cette sortie et pense qu’il appartient au gouvernement de prendre toutes les dispositions pour accé- lérer l’ensemble des procédures afin de bénéficier des retombées.

Aboubacar Dermé (Stagiaire)

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